Hiroshi KOMO démarra dans la vie avec une Honda S800 (décapotable tout de même!). La famille s'agrandissant, la
séparation était inéluctable. Il fallait voir plus grand, il fallait penser confort, volume, tenue de route et pourquoi pas
suspension hydropneumatique? La GS Club 1220 en expostion chez le concessionnaire SEIBU le plus proche
ferait parfaitement l'affaire. Nous sommes dans les année 70, et posséder une GS est déjà un investissement finan-
cier important et un choix très particulier sur le territoire du Soleil Levant.
Mais déjà pour Hiroshi KOMO, la différence est appriciée: Quelle belle voiture! Ces mots, il les redit encore aujour-
d'hui en français!
Après cinq années de bons et loyaux services, la GS est abandonnée avec regret. En effet, se souvient-il, j'étais
pour des raisons professionnelles muté en France avec femme et enfants et devais rester dans votre beau pays
pendant près de six années, suffisamment pour apprécier votre façon de vivre et me permettant d'améliorer mon
français. La nécessité de détenir un véhicule à Paris me fit tout naturellement retourner vers le réseau Citroën,
où bien évidemment mon choix fixa de nouveau sur une GS. Là, l'offre était plus large, mais ce fut de nouveau
une GS Pallas gris palladium. Enfin, l'heure du retour sonna, il fallait quitter la France et regagner le Japon, changer
nos habitudes, la vie japonaise étant plus difficile, différente et plus stricte certainement. Mais de nouveau sur le
territoire japonais, je restais fidèle à la suspension hydraulique et ce seront deux BX qui prendront place au sein de
notre famille, et aujourd'hui, restant toujours fidèle à la marque au double chevrons, c'est dans une Xantia V-SX
que je me déplace journellement. Le temps passant, me voici à l'aube de mes cinquante printemps. Un anniversaire
qui favorisera ma dernière(?) folie: m'offrir une SM. Un beau cadeau d'anniversaire certes, mais un demi-siècle cela
se doit être exceptionnel! Les recherches commencèrent aussi rapidement que la décision fut prise! Je commençais
à appeler un peu partout, petites annonces, relations, etc. En fait, ce fut dans le garage le plus proche de chez moi
que je découvrais la belle, carbu, robe verte, et pour la seconde fois de ma vie je tombais amoureux!
Cela se passait en février 1999. En général, nous n'avons pas de problème pour entretenir la mécanique, car, par
chance, le garagiste chez qui j'ai acheté ma SM est un passionné citroëniste, et il s'occupe fort bien de mes voitures.
Et puis, pour les pièces, il y a Internet et cela fonctionne assez bien -- je ménage ma SM, car il faut préciser que
les limitations de vitesse sont très réglementées au Japon et il est très difficile de faire quelques pointes et de
pousser un peu le Maserati, et puis il y a un trafic très important dans mon pays.
Aujourd'hui, je suis en pèlerinage en France. Je voulais retrouver avec ma femme notre ancien quartier parisien où
nous avons passé cinq années mémorables. Retourner aussi pendant cette petite semaine de vacances goûter une
bonne bouillabaisse à Marseille, faire une halte à Avignon ou apprécier les steak-frites parisiens et penser à acheter
le dernier jour du roquefort afin de le ramener aux enfants restés au pays. Et bien sûr, profiter de faire plus ample
connaissance avec nos amis membres de l'Euro SM CLUB, autres passionnés de la «SM». J'ai connu le club grâce à
votre site Internet et pu trouver auprès de M. Vincent GUEBERT un interlocuteur attentif -- c'est par E-mail que les
contacts ont commencé. Souhaitons que cet échange durera longtemps et que prochainement je pourrai revenir vous
voir et me réapprovisionner en fromage de France.
Longue vie au club et à nos SM.

En tout, 134 SM furent importées au Japon. Il en reste
aujourd'hui environ une trentaine dont vingt sur Tokyo
et une dizaine sur Osaka à l'ouest du Japon. Voici
l'histoire de l'une d'elles, appartenant à un japonais
atypique...
Histoire de ma SM, par Hiroshi KOMO
Verte, 2.7litres, carburateur, 5 vitesses. Numéro de série
00SB9323, fabriquée probablement vers la fin 1972,
importée par SEIBU MOTORS, alors l'importateur conces-
sionnaire exclusif de Citroën. Comme les SM destinées au
marché américain, elle se présente avec quatre phares
ronds et fixes, mais les phares sont protégés par des glaces
à la différence des SM américaines.
Elle fut immatriculée le 3 juin 1973 à Tokyo, et entretenue
minutieusement par son premier propriétaire jusqu'en 1998.
A la suite de son décès, elle fut rachetée par un amateur de
Nishinomiya dans l'ouest du Japon, qui s'en sépara début
1999 à cause des difficultés financières qui secouaient alors
le pay. J'eus la chance de devenir son troisième propriétaire
en février 1999, elle avait alors 51 200 km.
Grâce à l'Internet, aux fournisseurs des pièces tels que Andrew Brodie et Citroën Concours of America, et, surtout, à
M. TAMURA d'Osaka, mécanicien qui connaît parfaitement la mécanique de la SM, en un an, je pus la remettre en parfait
état de marche. Les principales modifications portent essentiellement sur les auxiliaires, tels que le compresseur de climatisation de fabrication japonaise, l'alternateur super-puissant de fabrication japonaise également et le système
d'allumage électronique. Un thermomètre numérique fut rajouté sur le tableau de bord -- puisqu'il fait très chaud en
été au Japon, il faut bien veiller sur la température d'eau. En été 2000, elle fut embellie par les six phares européens
et les jantes RR.

(Texte rédigés par M. Pierre PHILIPPS de l'Euro SM Club pour CITROPOLIS 23)